Featured image of post Pourquoi y a-t-il un Carnaval au Brésil ? Comment a-t-il évolué d'une farce d'eau portugaise à une valve de libération de l'âme nationale ? Qu'est-ce que 'l'égalité temporaire' annuelle ? Pourquoi la samba a-t-elle pu passer d'un crime à un totem national ?

Pourquoi y a-t-il un Carnaval au Brésil ? Comment a-t-il évolué d'une farce d'eau portugaise à une valve de libération de l'âme nationale ? Qu'est-ce que 'l'égalité temporaire' annuelle ? Pourquoi la samba a-t-elle pu passer d'un crime à un totem national ?

Le Carnaval du Brésil tire ses origines des festivités catholiques pré-carêmales, qui au XIXe siècle ont heurté la farce d'eau portugaise 'Entrudo' et les rythmes de tambours des esclaves africains. Découvrez comment la samba a renversé la tendance en passant d'un 'crime' interdit par la loi à un symbole national, et comment le Carnaval est devenu une magie d' 'égalité temporaire' brisant les classes sociales au Brésil ainsi qu'une valve de libération pour l'âme.

Pouvez-vous imaginer un pays à la sécurité précaire et aux inégalités de richesse abyssales où, pendant cinq jours, des personnes de toutes classes dansent ensemble dans les rues sans aucune réserve ?

Ce n’est pas une scène tirée d’un roman utopique, c’est quelque chose qui se produit réellement au Brésil chaque année entre février et mars.

Et derrière cette folie se cache une histoire d’évolution de deux cents ans, allant d’une « farce d’eau » à un « totem spirituel national ».

L’origine métissée du Carnaval : Le cadre européen rencontre l’âme africaine

Le Carnaval du Brésil n’a pas été inventé par un seul génie ; c’est un métis né de la collision intense entre les traditions catholiques européennes et la culture des esclaves africains.

La farce du « Festival de l’eau » des Portugais

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les colonisateurs portugaises ont apporté au Brésil une tradition appelée Entrudo. Il s’agissait d’une bataille d’eau de rue légalement autorisée où les gens se brumisaient d’eau, se jetaient de la farine et se lançaient des tomates pourries.

Pourquoi faire cela ? Parce que le lendemain marque le début du « Carême » catholique (la période de 40 jours de jeûne et d’abstinence).

Le mot Carnival signifie littéralement « adieu à la viande » en latin, donc si vous ne vous déchaînez pas aujourd’hui, vous n’aurez plus l’occasion de le faire pendant les 40 jours suivants.

L’essence du Carnaval est la dernière indulgence totale avant que l’autodiscipline ne commence.

Les seuls jours où les esclaves étaient autorisés à « être eux-mêmes »

Plus tard, les esclaves africains vendus au Brésil ont rejoint cette fête. Pour les esclaves qui menaient une vie infernale, le Carnaval représentait les seuls jours de l’année où ils étaient autorisés à abandoner temporairement leurs chaînes.

Ils ont apporté :

  • Des rythmes de tambours traditionnels africains
  • Des rituels de danse en cercle tribaux
  • La culture des masques et les jeux de rôles

Ils osaient même « incarner » les propriétaires d’esclaves pour s’en moquer pendant les célébrations.

Alors que leurs corps étaient habituellement réduits en esclavage, leurs âmes étaient libres pendant ces quelques jours.

Après la fusion des deux, les batailles d’eau de rue se sont transformées en défilés musicaux, ce qui a finalement donné naissance à la musique de l’âme du Brésil, la samba, au début du XXe siècle.

L’ascension de la samba : De « crime » à totem national

À l’origine associée au rythme de la samba de la classe populaire, elle a traversé une histoire dramatique, passant du mépris à l’adoption générale.

La « musique de voyous » interdite par la loi

À ses débuts, la samba issue des communautés noires était considérée comme un crime et un comportement de voyou par la loi brésilienne, et ceux qui jouaient des rythmes de samba pouvaient être arrêtés.

La culture des communautés de la classe inférieure était perçue par la société majoritaire comme « vulgaire » et « dangereuse ».

Des favelas au courant dominant

Temps Jalon
1928 La première « École de Samba » est fondée dans les favelas
1932 Rio organise le premier Concours Officiel d’Écoles de Samba
Années 1930 Le président Getúlio Vargas promeut l’intégration nationale et intègre la samba comme symbole culturel national
1984 Le Sambodrome (Sambódromo), conçu par le maître architecte Oscar Niemeyer, est officiellement achevé
Modernité La samba devient la carte de visite nationale que le Brésil présente au monde

Un rythme qui envoyait autrefois les gens en prison est aujourd’hui devenu un totem culturel dont toute la nation est fière.

La trajectoire de développement de la samba est la suivante :

Fête pré-religieuse → Rythme communautaire → Symbole national → Marque culturelle mondiale

La grande réorganisation des classes sociales : Cinq jours et quatre nuits d’ « égalité temporaire »

Le Brésil est un pays marqué par des inégalités sociales extrêmement prononcées, avec des favelas sur les collines et des villas de grand luxe au pied des collines.

Mais pendant le Carnaval, cette structure sociale connaît un incroyable renversement de statut.

Les éboueurs deviennent rois, les politiciens spectateurs

Rôles habituels Pendant le Carnaval
Éboueurs nettoyant des villas de luxe Portent des costumes de roi et se tiennent au sommet des chars pour recevoir les acclamations de la foule
Mécaniciens automobiles Enfilent des costumes de danseurs éblouissants et brillent dans les diffusions mondiales
Politiciens riches et hautains Se placent dans les tribunes como spectateurs, applaudissant le talent de la classe populaire

Liberté au-delà de la race et du genre

Pendant le Carnaval, chacun peut franchir les barrières de classe, de race et de genre, en se déguisant en n’importe quel personnage dont il rêve.

Durant ces « courts fins jours », les gens ne sont plus limités par les pressions sociales et peuvent libérer leur véritable personnalité.

Le Carnaval est un moment public d’égalité ; sous le règne du Roi Momo, tous les citoyens peuvent temporairement oublier la cruelle réalité de ce pays.

La grande valve d’échappement de la société brésilienne

Ce carnaval n’a pas duré deux cents ans par hasard ; il a une fonction très pratique de « maintien de la stabilité » pour la société brésilienne.

Trouver un équilibre au sein des inégalités de richesse

Les contradictions sociales du Brésil sont profondes, mais le Carnaval offre un point d’équilibre mutuellement non destructeur :

  • Les citoyens de la classe inférieure obtiennent la chance d’être vus et respectés pendant ces quelques jours
  • La pression sociale accumulée tout au long de l’année trouve un exutoire légal pour se libérer
  • La haine entre les classes se dissout temporairement en dansant ensemble

Un moteur économique qui fait vivre les familles de classe populaire toute l’année

Aspect économique Données
Participants à Rio 6 à 7 millions de personnes
Valeur économique Génère chaque année des milliards de dollars d’opportunités commerciales
Industries soutenues Tailleurs, charpentiers, forgerons, chorégraphes, éboueurs, hôtels, restaurants
Cycle d’emploi La préparation d’un Carnaval fait vivre la communauté pendant toute l’année

Le Carnaval n’est pas seulement une fête ; il est le seul pilier économique pour de nombreuses familles de classe populaire tout au long de l’année.

Une folie précisément calculée : Pourquoi a-t-il duré deux cents ans ?

La clé du succès durable du Carnaval réside dans le fait qu’il est par essence un « rituel collectif précisément organisé » et non une émeute incontrôlée.

Semble fou Est en fait précis
7 millions de personnes envahissent les rues Chaque fête de rue a des itinéraires fixes et des horaires
Cinq jours de désordre dans toute la ville Le maire « remettant les clés » au Roi Momo est une cérémonie officielle
Les gens font la fête sans retenue La musique est arrêtée obligatoirement le mercredi midi au début du Carême
Les performances semblent couler de source Le système d’évaluation pousse la performance culturelle à son paroxysme

La réalité du Carnaval est :

Sans Carême, pas de Carnaval. Sans restriction, pas d’indulgence.

Cette « transition périodique », le cycle de restriction et d’indulgence, est la véritable raison pour laquelle il a duré deux cents ans.

L’antidote de la vie

Pour les Brésiliens, la vie peut être dure, la politique corrompue et la sécurité terrible.

Mais tant qu’il y a le Carnaval cette ano, la vie continue.

Cette folie précisément calculée dissipe le chaos du monde réel par des pas de danse ordonnés, permettant à une ville de respirer à nouveau pendant cinq jours et d’affronter les 360 jours suivants avec force.

Le Carnaval du Brésil n’est pas une fuite devant la réalité, mais le courage de faire face à la réalité.

Le Carnaval du Brésil est un antidote collectif de vie qui dure depuis deux cents ans.

Reference

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